Jean-Marc LEGRAND, nouveau Président de l’UFFEP :  » Le monde du parquet rassemble des passionnés ! « 

Jean-Marc LEGRAND, nouveau Président de l’UFFEP :  » Le monde du parquet rassemble des passionnés ! « 

Jean-Marc LEGRAND est le nouveau Président de lUnion Française des Fabricants et Entrepreneurs de Parquets (UFFEP). Il nous présente les enjeux présents et à venir pour la filière française du parquet et les projets futurs du syndicat.

– Quel a été votre parcours ?

– Ingénieur spécialiste du bois, je suis diplômé de l’ENSTIB (École nationale supérieure des techniques et industries du bois) à Épinal. J’ai débuté ma carrière au sein du Groupe français Parisot, fabricant de meubles en kit, pour lequel j’ai, entre autres, dirigé un site de production en Roumanie. J’ai rejoint le monde du parquet en 2005 en entrant chez Berry Wood. Je dirige cette filiale française, productrice de parquets contrecollés, du groupe Beaulieu International depuis 2010.

– Qui sont les fabricants français de parquets ?

– La France produit aujourd’hui 2,6 millions de m2 de parquets massifs, et 2,8 millions de m2 de parquets contrecollés. Derrière ces chiffres, les entreprises de production sont de taille extrêmement variée. Elles ont chacune leur histoire, leur identité, leur différence. Certaines sont des affaires familiales présentes depuis des dizaines d’années sur le marché, d’autres appartiennent à des groupes internationaux, d’autres encore sont de nouveaux venus qui vivent en grande partie grâce à une forte présence sur le web. Je salue la réussite du syndicat à parvenir, encore et toujours, à faire dialoguer et travailler ensemble des entreprises aux profils si variés.

– Selon vous, qu’est-ce qui caractérise l’industrie du parquet en France ?

– Avant tout, c’est un monde qui, comme l’univers du bois en général, rassemble des passionnés. Tout au long de ma carrière, je n’ai que très rarement croisé, dans ce secteur d’activité, des gens indifférents à ce matériau noble et vivant. On travaille, on évolue dans le bois par passion. C’est rarement la profitabilité qui attire en premier lieu. La passion est maîtresse de nos intentions, et la raison gardienne du chemin à poursuivre.

– À quelles problématiques êtes-vous confrontés ?

– L’industrie du bois, et du parquet en particulier, requiert une surface financière importante. De par sa haute technicité, elle demande des investissements d’équipement élevés. De plus, le processus de fabrication suit des cycles longs, en raison du long temps de séchage du bois, indispensable à la stabilisation de la matière. Un fabricant attend en moyenne trois à cinq mois avant de commencer à travailler son produit, ce qui induit des stocks très volumineux de matière première immobilisée, donc des coûts élevés. Cette contrainte est surtout présente chez les fabricants de parquets massifs – qui sont, en très large majorité, également des scieurs. Elle est moins forte chez les fabricants de contrecollés, mais ce n’est pas le seul défi qu’ils ont à relever.

– Quelles sont les autres contraintes ?

– La Fédération Nationale du Bois (FNB) l’a démontré l’hiver dernier : la disponibilité de notre matière première s’amoindrit en France. Depuis plusieurs années, les tarifs des grumes (NDLR : troncs d’arbres débarrassés de leurs branches et écorces) flambent en raison de demandes asiatiques en forte croissance, et les bois de qualité se raréfient. Par ailleurs, le marché devient de plus en plus concurrentiel, en raison de nombreux parquets fabriqués à l’étranger, mais aussi de la rivalité des autres revêtements de sols : LVT, céramique, stratifié, qui copient les parquets de manière de plus en plus poussée et inventive, et mènent la guerre sur les prix.

– Quels avantages conserve le parquet ?

– Le parquet garde une valeur émotionnelle forte dans l’esprit du public, pas seulement chez les connaisseurs. Nous devons parvenir à mettre mieux en avant l’authenticité qu’il inspire. Nous devons aussi insister davantage sur ses qualités socio-environnementales. Il faut absolument montrer, par exemple, que la filière du parquet ne génère pas de COet que, au contraire, elle en consomme, de la naissance de l’arbre à la fin de vie du produit parquet. C’est un avantage indéniable dans un contexte où de plus en plus de consommateurs s’inquiètent de l’impact environnemental des produits qu’ils achètent.

– Quels sont les prochains objectifs de l’UFFEP ?

– D’abord, justement, mieux communiquer. Nous allons moderniser l’image de l’UFFEP. Notre nom devra évoquer plus efficacement notre mission de valorisation des parquets fabriqués en France. Nous devons nous efforcer d’ouvrir nos portes, de parler davantage de nous, de nos métiers, de notre industrie, de notre haut niveau de technicité. Nous devons aussi absolument faire mieux connaître et reconnaître le label Parquets de France que nous avons créé en 2010, et communiquer davantage sur la préservation des emplois en France que représente l’achat d’un parquet français.

– Un autre grand enjeu pour l’UFFEP ?

– Oui, la formation professionnelle. Il devient urgent d’attirer la nouvelle génération dans nos métiers. Nous visons la création d’un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Bois au niveau des opérateurs et des techniciens, sur le modèle de ce qui existe dans le secteur de la métallurgie. Aujourd’hui, les différents métiers du bois sont tous cloisonnés dans des formations particulières, sans lien ou passerelle entre elles. Or, les métiers du bois ont de nombreux points communs. Il serait beaucoup plus attractif, je pense, pour les jeunes, de leur proposer une formation professionnelle plus généraliste, plus variée, qui regrouperait tous les corps de métiers, de la tonnellerie, par exemple, à l’usinage du bois, et qui leur offrirait un choix plus large de métiers et d’évolutions de carrière. Nous le voyons en entreprise : la polyvalence bénéficie aux salariés, valorisés et motivés, mais aussi à l’employeur, qui gagne en flexibilité en variant les missions et les tâches.

– Et l’entrée du parquet dans le classement UPEC des revêtements de sols ?

– C’est LE cheval de bataille de l’UFFEP pour les prochains mois. La présence dans ce classement établi par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) permettra de fournir des solutions techniques viables et validées, facilitant la prescription du parquet. Étant une industrie ancienne, nous nous étions sentis suffisamment légitimes, jusqu’ici, pour ne pas avoir à défendre notre produit. Cette intégration renforcera la crédibilité du parquet dans un environnement professionnel aujourdhui extrêmement normé, demandeur de référents techniques.

– Sur quelles forces lUFFEP peut compter ?

– Depuis que lUFFEP est intégré au sein de la FNB (NDLR : en 2016), nous sommes plus structurés et accompagnés très efficacement. Nous bénéficions aussi de la présence de certains dentre nous au sein du comité directeur de la Fédération Européenne des Parquets (FEP). Surtout, nous avons l’avantage d’être un syndicat à taille humaine, donc souple et réactif. Nous travaillons sur des sujets communs où les synergies sont nécessaires au sein des commissions techniques, sociales et communication qui sont les bras armés de notre syndicat. Nous projetons de faire venir d’autres adhérents, notamment des entreprises de pose du parquet, grâce à une adaptation des cotisations et au moyen d’événements tels que des journées de formation. Nous nous devons de rassembler et d’unir nos compétences dans la quête de nos objectifs.

Plus d’informations sur les parquets fabriqués en France, porteurs de la marque Parquets de France : www.parquetfrancais.org

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