Flora AUVRAY, architecte d’intérieur : « Le parquet peut vivre plusieurs vies »

Flora AUVRAY, architecte d’intérieur : « Le parquet peut vivre plusieurs vies »

Flora AUVRAY, architecte d’intérieur CFAI*, restructure des appartements et des espaces de bureaux dans des immeubles anciens, à Paris et sa proche banlieue. Elle explique pourquoi elle recommande souvent du parquet à ses clients.
*L’architecte d’intérieur CFAI a sa compétence reconnue par le Conseil Français des Architectes d’Intérieur.

© Aurélie Vandenweghe

– Sur quels types de projets travaillez-vous ?

– En tant que maître d’œuvre soumis à la garantie décennale, je pilote des travaux de restructuration partielle ou totale de logements ou de bureaux, dans des immeubles haussmanniens ou plus anciens, ou dans des constructions des années 60, 70, 80… Dans chaque projet, je m’adapte aux besoins du client mais aussi au lieu, à ses contraintes et à ses problématiques.

– Quels sont, selon vous, les atouts du parquet ?

– Le bois est une matière noble, chaleureuse, authentique. Un parquet véritable est moins froid qu’un carrelage et plus facile à nettoyer qu’une moquette. Contrairement au vinyle, à la moquette, au stratifié, il se rénove et se répare. Il peut vivre ainsi plusieurs vies. C’est un revêtement durable, qu’on ne remplace pas au bout de dix ans ! J’ai déjà fait rénover des parquets extrêmement anciens qui, poncés à plusieurs reprises, avaient traversé les décennies.


Parquet massif ancien en chêne, sur lambourdes, poncé et vitrifié. Réalisation Flora Auvray Architecture d’intérieur. © Flora Auvray

– Dans quelles circonstances le préconisez-vous ?

– Dans l’immense majorité des cas où le lieu à rénover comporte un parquet existant, même très abîmé, je conseille à mon client de le conserver. Un parquet ancien, qu’il soit posé en point de Hongrie, à bâtons rompus ou à l’anglaise, n’a pas son pareil pour valoriser un espace de vie. J’ai pour partenaire un parqueteur qui, grâce à son savoir-faire, parvient toujours à rénover un parquet, quel que soit son état, pour un résultat absolument magnifique. Les écarts entre les lames font le charme et la beauté des vieux parquets. En cas de grincement, il suffit d’injecter une mousse acoustique pour mettre fin aux nuisances sonores. Les seuls parquets que j’hésite, parfois, à conserver sont les « mosaïques » collés des années 70, moins valorisants que des lames sur lambourdes.


Parquet massif collé sur chape neuve, posé à bâtons rompus. Réalisation Flora Auvray Architecture d’intérieur. © Flora Auvray

– Mais vous proposez aussi des parquets neufs ?

– Bien sûr. Il m’arrive, par exemple, de faire compléter ou remplacer, avec un parquet massif neuf, une zone de parquet ancien où les lames ont été très détériorées. Et aussi, de prolonger un parquet ancien au moyen d’un parquet neuf identique, sans que l’on voie la différence, d’une pièce à l’autre, quand le chantier est terminé.
S’il faut remplacer un ancien revêtement de sol, le parquet a le plus souvent ma préférence. Par exemple, dans une suite parentale avec douche et coin bureau, aménagée sous des combles, j’ai conseillé, sur d’anciennes tomettes abîmées et espacées, par endroits, par des traces d’anciennes cloisons maçonnées, un parquet contrecollé en chêne à lames larges. Nous l’avons mis en œuvre facilement, en pose flottante, sur un ragréage fibré, un ragréage fin et une sous-couche phonique. Autre exemple, dans un appartement dominé par le béton et des tonalités de gris, j’ai préconisé un parquet contrecollé en merbau pour apporter de la chaleur.


Parquet contrecollé en chêne clair. Réalisation Flora Auvray Architecture d’intérieur. © Flora Auvray

– Quels parquets neufs recommandez-vous ?

Lorsqu’il s’agit de prolonger un parquet ancien sur lambourdes, je préconise la pose d’un massif, sur des lambourdes neuves, afin de respecter l’existant et de rendre la rénovation absolument invisible. Dans tous les autres cas, je m’adapte aux contraintes du lieu et aux désirs du client. Mais je demande toujours conseil à mon partenaire parqueteur : c’est lui, l’expert. Je le connais depuis quinze ans et nous travaillons en confiance. Je ne choisis jamais un parquet sur catalogue, c’est tout bonnement impensable : il faut juger sur place. Je lui demande des échantillons sous la forme de grandes lames et je fais des essais avec lui, finition comprise, que je présente au client. Il est préférable de passer commande au début du chantier pour être sûr de recevoir le parquet au bon moment.

– Comment défendez-vous le parquet face à vos clients ?

– En réalité, je n’ai pas besoin de me battre pour convaincre mes clients en faveur du parquet : tous aiment le parquet en général, alors qu’il y a quinze ans, la moquette remportait encore un vif succès, dans les chambres notamment. Le parquet est aujourd’hui jugé plus sain, plus hygiénique et plus facile à vivre au quotidien.


Parquet contrecollé en merbau. Réalisation Flora Auvray Architecture d’intérieur. © Marc Verneret

– Et les parquets fabriqués en France ?

– Certains de mes clients sont sensibles aux arguments de l’origine du parquet, du respect de l’environnement et de la préservation des emplois en France, mais les critères de choix dominants restent, le plus souvent, le prix et l’esthétique. Mon parqueteur et moi-même sommes contraints, la plupart du temps, de suivre les goûts de nos clients. L’origine du bois et celle du produit fini n’ont une réelle importance que pour quelques-uns d’entre eux. Nous aimerions mieux promouvoir les parquets fabriqués en France, mais il n’est pas toujours facile de sensibiliser le consommateur au sujet des bois issus de forêts gérées durablement et de la qualité de notre industrie hexagonale ! Nous avons encore un vrai travail de pédagogie devant nous.

Plus d’informations sur les parquets fabriqués en France, porteurs de la marque Parquets de France : www.parquetfrancais.org

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